Actualités & Événements

[Affaire Panama Papers] Ne plus se satisfaire des promesses pour changer la banque

Par Camille, le

L’actualité récente autour de l’affaire Panama Papers force à se poser des questions sur ce que l’on fait, et surtout comment on le fait, quand on a l’ambition de construire une nouvelle banque en ligne.

L’idée de cette tribune n’est pas de polémiquer une fois de plus sur les révélations faites sur telle ou telle banque en sachant qu’a priori la plupart d’entre nous imagine bien l’envers du décor. L’approche est plutôt de voir comment avec le numérique, une (très) bonne équipe, des investisseurs respectueux et ambitieux, un régulateur bienveillant et surtout des valeurs et du pragmatisme, on développe une nouvelle banque qui, clairement, répond aux attentes des consommateurs.

Comment concevoir une nouvelle banque ?

La pose de la 1ère pierre du Campus

Après deux ans d’immersion dans ce projet entrepreneurial #nolimit qu’est Payname, j’ai le sentiment que sur ces quelques mois intenses qui viennent de passer très vite, ma mission se résume à convaincre (installer la confiance) et transformer (maintenir la confiance).

Et encore plus aujourd’hui, transformer me paraît le leitmotiv essentiel au développement d’un projet entrepreneurial particulièrement ambitieux.

On nous range aujourd’hui dans la catégorie FinTech, ces startups numériques qui prétendent vouloir transformer la finance. Mon constat est bien plus mitigé tant la plupart des FinTechs ressemblent à des couches marketing sur des empilements de solutions bancaires/financières assez classiques. Certes l’expérience utilisateur devenue centrale peut amener à la création de nouveaux usages, mais que se passe t-il après ? Bien souvent la FinTech est rachetée et absorbée par un acteur historique qui se contente de l’intégrer avec, au mieux, quelques évolutions de ses propres services. Généralement, elle finit en alibi innovation de ces acteurs. Au final toutes ces FinTechs, en dehors de leurs microcosmes, ne changent pas profondément la vie des consommateurs qui les consomment comme un nouveau service « cool ».

Vouloir transformer la finance ou la banque de la sorte, c’est comme si Elon Musk avec Tesla avait voulu développer un nouveau constructeur automobile en prenant une Renault Mégane, en créant une expérience nouvelle autour, mais en vendant au final la carrosserie d’une Mégane, avec une batterie longue distance et une tablette XXL pour commander la voiture. On ne transforme pas une industrie sur ses vestiges. Pour cela, Tesla a dû repenser totalement l’architecture d’une voiture jusqu’à la construction de ses propres usines et de son propre réseau de distribution. Ce qui semblait totalement impossible au départ est finalement devenu réalité et fait encore sourire les constructeurs historiques quand on regarde les volumes de production. Mais pour combien de temps ? L’essentiel étant assuré : transformer notre perception de la voiture.

Un nouvel acteur bancaire indépendant, capable de remettre l’argent au cœur des usages.

L'argent au coeur des usages

Et pour Payname, la transformation de la banque s’opère aussi en repensant les usages de la banque jusqu’à construire notre propre système d’information, en passant par l’émission de nos instruments de paiement jusqu’à la distribution directe de nos services. Cette transformation, on la mène à marche forcée tant tous les sujets sont imbriqués. Quand on a développé un système d’information capable de gérer des comptes, doit-on émettre des cartes de paiement en utilisant celles d’un partenaire bancaire ?

Non ! En possédant son propre système d’information, on ne va pas le brider par les contraintes d’un prestataire bancaire historique qui va juste coller votre design sur la carte.

Non ! En possédant son propre système d’information, on va chercher une licence d’émetteur de carte de paiement.

Mais pour mener un projet comme celui là, il faut transformer toute la chaine autour de convaincre et transformer.

  • Convaincre et transformer tout d’abord les utilisateurs en leur montrant qu’un autre modèle bancaire est possible en redonnant le contrôle de l’argent à chacun. Des utilisateurs qui veulent plutôt disposer d’une plateforme de banque que d’une banque centralisée, pour piloter leur carte de paiement, pour payer entre particuliers ou pour collecter/cagnotter pour des projets personnels… Une néobanque où l’utilisateur dispose d’une véritable assistance qui réinstalle la proximité dans les échanges, tout en rapprochant les usages comme pour contribuer directement à une cagnotte solidaire près de chez soi. Une néobanque qui ramène la banque dans notre quotidien. Et pour les utilisateurs professionnels, comme les associations ou les auto-entrepreneurs, c’est peut-être le début d’une nouvelle approche bancaire avec de vrais services, de l’encaissement des factures/des adhésions jusqu’à la gestion de sa trésorerie.
  • Convaincre et transformer une équipe, acculturée à l’univers bancaire, mixant les Xmen expérimentés aux Xmen s’investissant dans un premier emploi mais avec la vision collective de créer la néobanque qui nous ressemble à tous. Une équipe fière et humble face à des projets toujours présentés comme complexes. Et pour constituer cette équipe, il faut convaincre que tout est possible et transformer la confiance en projet géant pour transcender les compétences des uns et des autres. Convaincre qu’à deux ou à bientôt à 50 ou 100, c’est le même projet dans lequel on trouve sa place pour transformer la banque.
  • Convaincre et transformer des investisseurs avec lesquels on partage des valeurs communes de respect et de confiance. Respecter la valeur de l’argent investi et respecter la valeur des projets menés avec des moyens à la fois importants et limités, pour ne jamais tomber dans le confort. Des investisseurs qui, comme l’équipe, s’engagent avec nous dans la durée pour réaliser un projet que peu pensaient réalisable il y a peu de temps mais qui a permis en dix huit mois de décrocher un agrément délivré par l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution, de constituer d’une équipe de 40 personnes, d’attirer près de 50 000 utilisateurs et de construire un Campus. Avec des investisseurs en phase avec nos valeurs, on s’assure de réaliser un projet en grand qui a du sens pour tous.
  • Convaincre et transformer des territoires avec le soutien d’élus et d’acteurs locaux. Une entreprise en forte croissance c’est aussi une chance pour la vie locale dès lors que l’on partage des valeurs d’authenticité dans la promotion de nos projets respectifs. Payname c’est aussi la construction d’un Campus dans un village (Saint-Élix-Le-Château, 900 habitants, à 40 km au sud de Toulouse) pour démontrer que l’on peut innover et s’ancrer dans des territoires authentiques. Au départ, seul avec un projet en tête, il faut convaincre d’installer, dans 18 mois, un premier bâtiment accueillant plus de 50 personnes qui n’existe alors que sur le papier. Il faut transformer pour construire son propre réseau très haut débit et imaginer la vie liée au Campus afin de créer une expérience exceptionnelle pour une équipe et une nouvelle dynamique pour le territoire. Pour cela, il faut convaincre et gagner la confiance d’élus qui acceptent de lâcher prise par rapport à notre capacité d’exécution pour mener un projet d’entreprise qui servira la collectivité dès lors qu’elle saura se l’approprier.

Alors très loin des paradis fiscaux et des sociétés offshores, on tient à démontrer qu’il est possible de créer un nouvel acteur bancaire capable de remettre l’argent au cœur des usages pour :

  • Redonner du sens à l’usage de l’argent de chacun de nos utilisateurs,
  • Valoriser l’argent d’investisseurs ayant une vision innovante de leur métier,
  • Contribuer à développer des territoires tournés vers l’avenir,
  • Permettre aux talents d’une entreprise de s’épanouir dans un projet qui a du sens et de l’ambition…

Cultivons l’innovation au cœur des territoires pour construire un projet qui a du sens bien loin de la spéculation.

A propos de l'auteur
Vous pourriez aussi aimer...